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Quelques problèmes de traductions (ou de trahisons) dans l’histoire du christianisme

Un théologien du siècle dernier, Gerhard Ebeling, disait volontiers que l’histoire du christianisme n’est rien d’autre que l’histoire de la réception (Wirkungsgeschichte) de l’Ecriture sainte. Mais quelle Ecriture ? dans quelle langue ? traduite comment ? La Torah n’a pas été pensée en grec, ni le Nouveau Testament en latin… Il a bien fallu traduire ces textes, et les traduire parfois en cascade, puisque telle version française a été traduite de la Vulgate latine, qui a été traduite de la Septante grecque, qui a été traduite de l’hébreu. Cet atelier proposera quelques exemples de traductions-trahisons qui ont été lourds de conséquence : quand la jeune femme (‘almah) d’Esaïe 7,14 devient la vierge de la Septante (parthenos) puis de la Vulgate (virgo), c’est tout un programme théologique qui va en sortir ! Ou quand diakonos au masculin (serviteur) est traduit par minister (pasteur) dans la Bible du roi Jacques Ier de 1611, mais que diakonos au féminin (servante) est traduit par servant, c’est toute une vision des rapports entre l’homme et la femme qui reçoit soudain un fondement d’apparence biblique.

Cet atelier ne requiert de connaissance préalable d’aucune langue, fors le français. Il s’adresse à toute personne intéressée par l’histoire des idées et par l’apprentissage des langues classiques.